samedi 18 septembre 2010

ENTRETIEN GERARD MILLER





ENTRETIEN AVEC GERARD MILLER

LA SHOAH M’A APPRIS LA REVOLTE
Interview publiée dans Israël Magazine en 2008

Malgré un emploi du temps serré, Gérard Miller reste un homme disponible, à l’écoute et un intellectuel exigeant.
A « Israël Magazine », nous ne partageons pas, loin s’en faut, toutes les positions du psychanalyste le plus populaire du paysage audiovisuel français et même israélien.
Reste qu’on ne peut qu’éprouver la plus grande sympathie pour ce psy réputé pour l’intérêt qu’il porte à l’autre, capable d’être à la fois professeur en philosophie et au département de psychanalyse de l’université Paris VII, docteur en philosophie et en science politique et chroniqueur à « On a tout essayé ».
Entretien avec un utopiste à fleur de peau, anticonformiste et rebelle, sans toutefois mettre « un point d’honneur à se coucher à 21h le 31 décembre ».


"Ce n’est pas parce que l’on finit par être dupé par l’Histoire, qu’il faut renoncer à s’engager"

Propos recueillis par Stéphane Encel et David Reinharc


David Reinharc / Stéphane Encel : Le déclenchement de la seconde Intifada, et les années terribles qui ont suivi, ont-elles changé votre vision de la situation du Proche-Orient ?

Gérard Miller : Ce qui a sans doute infléchi ma vision d’ensemble de la situation au Proche-Orient, c’est la violence monstrueuse des attentats palestiniens, mais également la découverte d’une extrême droite israélienne dont je ne soupçonnais pas l’importance, ni à quel point elle pouvait encourager le pire. Je ne cherche pas à tenir la balance égale entre les deux phénomènes et certainement pas à atténuer l’abomination du premier en arguant du second, mais j’ai été plus atterré par la montée en puissance de cette extrême droite israélienne que par l’extrémisme arabe, que j’avais identifié comme tel depuis longtemps. Je me souviens de ma candeur, au moment de la mort de Rabin ; un juif tuant un autre juif, ce n’était pas, hélas, inédit, mais cela m’apparaissait tout de même comme une quasi impossibilité. Pour toute autre personne qu’un Juif cela peut sembler bien naïf, voire tout bonnement stupide, mais c’est ainsi : j’ai voulu, pendant des années, passer à côté de cette réalité-là, ne pas voir que des Juifs pouvaient être aussi infâmes. D’ailleurs, en apprenant l’acte criminel du nommé Goldstein, tuant de sang-froid des Palestiniens à Hébron, j’avais accepté sans barguigner la thèse du « déséquilibré marginal » — c’est tout dire.

David Reinharc / Stéphane Encel : Avez-vous senti alors, dans votre entourage, un changement concernant Israël et les Juifs, une crispation voire une véritable hostilité ?

Gérard Miller : J’aurais du mal à répondre non, car dans mon entourage, comme vous dites, j’ai eu un copain qui s’appelait Dieudonné ! J’allais voir tous ses spectacles, je le retrouvais souvent après, avec Elie Semoun. C’est la figure dominante de ce qui n’est pas un « changement », mais une invraisemblable trahison. Pour le reste, mes proches, mes amis et même mes copains, sont fort heureusement des gens qui, sur des questions aussi cruciales qu’Israël ou l’antisémitisme, n’ont pas bougé d’un pouce. Du coup, j’ai simplement ressenti, comme tout le monde, et au-delà donc de mon entourage, quelque chose comme un raidissement, que je n’ai pas eu envie d’aller constater de plus près.



David Reinharc / Stéphane Encel : Vous avez dit que vous auriez pu écrire qu’ " on a toujours raison de se révolter " ; persistez-vous alors que beaucoup de ces révoltes prennent des tours violents, sont instrumentalisées, et servent des mauvaises causes ?

Gérard Miller : Je n’ai pas changé sur ce point, et j’espère bien persister. Ce n’est pas parce que l’on finit par mourir qu’il ne faut pas vivre, ce n’est pas parce que l’on finit par être dupé par l’Histoire, qu’il faut renoncer à s’engager. Doit-on refuser d’aimer aujourd’hui une femme, parce qu’on risque de l’aimer moins demain ? Si le raisonnement consiste à dire que la révolte peut décevoir un jour les révoltés eux-mêmes et que toute lutte finit par atteindre des buts bien moins réjouissants que ceux escomptés, alors enfermons-nous dans notre chambre et vivons comme des « poissons froids ». Non, pas question de nous « cadavériser » par peur d’être un jour floué ! J’ai été un gauchiste invétéré, qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, c’est-à-dire qui considérait qu’on ne doit jamais supporter l’insupportable, mais que les conséquences de nos actes le plus souvent nous dépassent. Ni à l’époque du maoïsme, ni, plus près de nous, à l’époque de Mitterrand, je n’ai jamais attendu « les lendemains qui chantent ». Certains révolutionnaires se pensaient comme les éclaireurs d’un peuple opprimé et débile qu’il fallait guider vers la lumière, j’étais d’abord et surtout antiautoritaire. Agité, sectaire, violent, tout ce qu’on voudra. Mais pas fou au point de vouloir diriger les autres vers le bonheur ! En fait, je suis assez primaire. Quand une matraque s’abat sur un crâne, spontanément, je suis du côté du crâne. Ce n’est que dans un second temps que j’essaye de faire l’analyse de ce qui s’est passé...






David Reinharc / Stéphane Encel : Etes vous de ceux qui s’inquiètent de la montée, et de l’installation, d’un antisémitisme de gauche et d’extrême gauche ?

Gérard Miller : Oh, mais il y a déjà eu un antisémitisme de gauche, dans le mouvement ouvrier de la fin du XIXe siècle, quand le Juif et le capitalisme étaient supposés faire trop bon ménage ! C’est toujours une possibilité bien réelle, et ne comptez pas sur moi pour la nier ou pour être moins virulent contre les « antisémites de gauche » que contre les « antisémites de droite ». L’antisémitisme est l’une des choses les mieux partagée au monde et la gauche n’est pas préservée statutairement de cette abomination. Que de crimes, d’ailleurs, ne commet-on pas aujourd’hui au nom de l’anti-sionisme… Cela étant, je vais sans doute vous décevoir, mais je ne constate pas du tout une « montée », encore moins une « installation » de l’antisémitisme dans la gauche ou l’extrême gauche française ! Et si vous me permettez cette précision : je crois la fréquenter bien davantage que la majorité de ceux qui sonnent le tocsin.



David Reinharc / Stéphane Encel : Le judaïsme vous a-t-il conditionné à la révolte perpétuelle ?

Gérard Miller : Sans aucun doute. Mon père, médecin, était un homme de gauche dans un milieu marqué à droite, mais avant même qu’il ne me transmette ses valeurs, j’ai été contestataire dès mon premier biberon.Toute ma famille étant morte dans les camps, je suis né avec un immédiat sentiment de révolte contre cette injustice des abîmes. La passivité était la dernière chose que l’on pouvait attendre de moi. J’appartiens à une génération qui a eu vingt ans en mai 68, et le nombre de Juifs était si massif à l’extrême gauche que cela me semblait une incongruité d’être Juif et de droite. Tenez, voilà encore une preuve de mon indécrottable ingénuité !



David Reinharc / Stéphane Encel : Vous risquez vous, comme certains de vos confrères, à une psychanalyse des religions ?

Gérard Miller : Non, et n’attendez pas de moi, dans cet entretien, que je vienne les concurrencer… Je vous dirai seulement ceci : ni pratiquant, ni croyant, je suis chaque jour un peu plus agacé par la difficulté que l’on a, publiquement, et notamment dans les médias, à parler librement des religions et des Eglises. Je le dis d’autant plus volontiers que, pour brouiller les cartes, le voltairien que je reste, collabore depuis deux ans à "La vie", puissant et sympathique magazine chrétien, lu chaque semaine par près d’un million de personnes.

David Reinharc / Stéphane Encel : On assiste à un retour du religieux, surtout au sein de la communauté juive ; à quoi l’attribuez-vous ?

Gérard Miller : Retour du religieux, en effet ! L’une de mes filles, que je n’ai vraiment pas élevée dans la religion, a épousé un juif très pratiquant — ce qui désormais, pour les repas, complique quelque peu notre vie familiale. Je n’attribue ledit phénomène à rien d’autre qu’au besoin effréné de croire… contre un monde qui, chaque jour, nous standardise un peu plus. Prêt à me battre, comme tout démocrate, pour que chacun puisse continuer de croire ce qu’il veut, puis-je vous avouer cependant que, lorsque j’évoque les religions, quelque chose monte en moi, assimilable à un rire ? N’y voyez que ma façon de réagir au tragique de l’existence…



David Reinharc / Stéphane Encel : Que vous inspire le parcours de Benny Levy ?

G.M. J’ai longtemps milité avec lui dans l’organisation révolutionnaire qu’il avait créée après mai 68 : son parcours me paraît à la fois éminemment respectable et profondément comique. Comme je ne crois pas que les gens changent du tout au tout — c’est mon côté freudien —, cela m’amuse beaucoup de penser que nous avons été dirigés, pendant des années, et pour des actions aussi gauchistes que celles que nous avons menées, par… un rabbin !

David Reinharc / Stéphane Encel Faites-vous une distinction entre religion et tradition ?

Gérard Miller : Je crois au poids de l’Histoire, je crois au passé ; j’ai le sentiment à chaque instant de mettre mes pas dans ceux de mon père, de ma mère, de ceux qui les ont précédés. Sans jamais me retrouver pour autant dans la religion, j’ai toujours été sensible à la tradition. Mais pas seulement à la tradition juive ! Comme j’habite en France, eh bien, par exemple, je fête Noël chaque année : mes enfants ont toujours reçu des cadeaux pour l’occasion et, à la maison, trois semaines avant la date fatidique, il y a un superbe sapin, qu’en bons Juifs nous décorons soigneusement. Cela dit, si vous m’invitez pour Pessah, je fais aussi l’affaire : je lis les textes avec attention et, croyez-moi sur parole, je m’y intéresse sincèrement... En fait, question tradition, je ne cherche pas à être original ; je ne suis pas de ceux qui mettent un point d’honneur à se coucher à 21h le 31 décembre…

David Reinharc / Stéphane Encel : Vous sentez-vous toujours aussi bien dans votre collaboration avec Laurent Ruquier ?

Gérard Miller : J’admire chez Ruquier, qui est mon ami, sa capacité à me supporter depuis dix ans ! A combien de pressions pour me virer n’a-t-il pas résisté, d’ailleurs… Cela étant, j’ai toujours été en porte à faux dans ses émissions. Je me retrouve souvent avec des chroniqueurs que je n’aurais pas choisis ou des invités que je n’ai pas envie de rencontrer, sans parler des sujets qui ne m’inspire guère, mais c’est une ambiance : je ne fais pas le détail et, dans l’ensemble, je m’amuse bien, c’est déjà pas mal. Je n’ai jamais considéré la fonction de chroniqueur comme un métier : alors, quitte à faire de la télé, autant le faire dans la joie et la gaieté. Je préfère de beaucoup me retrouver sur un plateau avec des clowns plutôt qu’avec des autorités académiques.

David Reinharc / Stéphane Encel : Quels sont vos projets ?

Gérard Miller : Persévérer dans mon être. En ce qui concerne les médias, encore un an, vraisemblablement, à France 2, à La Vie, à Europe 1 — mais rien n’est signé et tout peut donc s’arrêter. C’est une surprise de tous les jours que d’être encore dans des émissions aussi grand public, avec des idées aussi peu majoritaires ! Peut-être est-ce une coquetterie de ma part, mais je me sens profondément minoritaire : à la télé, bien sûr, mais aussi bien dans la société que… dans la communauté juive.

samedi 31 juillet 2010

Nouveau livre de Josy Eisenberg ( humour ) : Mots de tête ( EDITIONS DAVID REINHARC )


Les dictionnaires de citations, les encyclopédies de jeux de mots, les livres de blagues ne manquent pas ! L’ennui, c’est qu’ils contiennent tous, à quelques différences près, les mêmes mots, les mêmes astuces, les mêmes blagues.

Josy Eisenberg, exège talmudiste, auteur d’ouvrages avec Elie Wiesel, Adin Steinsaltz ou Armand Abécassis, homme de télévision de forte notoriété, a repris des mots – et aussi dans des registres libertins, où l’on attendait guère un Grand Rabbin – pour provoquer notre imagination.

Prenez un mot de la langue. Lentement, patiemment, dévisagez son vocable. Et à la manière des talmudistes, créez à partir de ce mot une définition inédite et drôle.

Car l’hébreu possède une particularité : elle n’est constituée que de consonnes. Selon les voyelles – non écrites – qu’on leur ajoute, chaque mot, ou presque, peut prendre de multiples significations.
Toute lecture devient ainsi une permanente et imaginative gymnastique intellectuelle.

Le Grand Rabbin Josy Eisenberg fut accoutumé, dès son enfance, en lisant un mot, à lui attribuer simultanément plusieurs significations. Et, tout aussi naturellement, à en faire de même avec la langue française.
À la manière d’un psychanalyste, il a aussi couché sur son divan moult noms ou expressions pour décrypter leur inconscient.

Ce n’est pas une lecture, c’est une écoute.
Avec les yeux, on ne saisit que le sens littéral. Mais avec l’oreille, tout change. Elle entend autre chose que ce que voit l’oeil, et entendre est synonyme de comprendre. Ce livre est euphonique. Il ne faut pas lire les variations qu’il suggère : il faut presque les prononcer.
C’est la polysémie qui constitue la trame de ce livre qui le rend atypique et particulièrement drôle.

mardi 20 juillet 2010

ENTRETIEN ELIETTE ABECASSIS ( Jerusalem Post )


Jerusalem Post

«C'est l'enjeu de toute la vie de donner le bon poids à son père et à sa mère.»

ENTRETIEN ELIETTE ABECASSIS
Propos recueillis par David Reinharc.


Eliette Abécassis avait déjà écrit « Mon père », livre dans lequel elle tentait de percer le mystère de la relation père / fille. Dans « Un heureux évènement », elle démystifiait, avec férocité, la maternité.
Aujourd'hui, avec « Mère et fille, un roman », elle interroge le lien singulier qui unit deux femmes atypiques : Sonia Rykiel et sa fille, Nathalie. Une histoire d'amour, de possession, d'admiration et d'émancipation. Où la séduction, le désir sont le fil rouge de la relation et la féminité, un héritage.
A travers le destin de ces deux femmes, Eliette Abécassis interroge le rapport mère-fille, la maternité, la transmission.
C'est le texte littéraire de cette rentrée. Un récit pudique et subtil.
Entretien


- David Reinharc : Vous venez de sortir un livre : « Mère et fille, un roman » (Albin Michel) .
Pourquoi avoir choisi la couturière Sonia Rykiel et sa fille Nathalie pour parler des relations mère / fille ?

- Eliette Abécassis : Parce que ce sont deux personnalités très fortes, intéressantes, importantes, qui ont eu une relation passionnée tout au long de leur vie. Chacune de sa façon est fascinante. Sonia est un mythe, une icône, une femme très forte. Nathalie aussi, mais différemment. Elles représentent deux version de la séductions et du charme, l'une par le mensonge et l'autre par l'authenticité et la spontanéité. Leur histoire ensemble est une histoire d'amour sur toute une vie remplie de violence et de complexité comme toutes les relations entre les mères et les filles. Parce qu'elles évoluent dans l'univers de la mode, de la séduction, de la féminité, univers que je voulais explorer pour parler des relations mères-filles.

-David Reinharc : Existe t-il une différence de destin entre un couple mère-fille aschkénaze ( les Rykiel) et séfarade ( celui que vous formez avec votre mère) ?

- Eliette Abécassis : Je me suis projetée à travers elles. C'est, paradoxalement, un livre très personnel parce que j'ai recréé leur histoire. Il y a beaucoup de points communs entre les mères ashkénazes et les mères sépharades. Il y a vraiment une figure de la mère juive, qui est une mère extrême, dans son amour, sa relation fusionnelle, elle ne veut pas laisser échapper son enfant. On a beaucoup parlé de la relation de la mère juive à son fils mais moins à sa fille, et c'est tout aussi fort et terrible. La mère juive est une mère débordante et étouffante, et qui en même temps est tout entière dans la transmission. C'est à la fois beau et déchirant. Les mères ashkénaze sont sans doute moins dans la démonstration de leur amour mais elles n'en sont pas moins toutes puissantes.

- David Reinharc : La relation entre Sonia et Nathalie Rykiel est faite d'amour et de haine.
Quel est ce point de basculement à partir duquel, selon vous, ce que représente la mère n'est plus de l'ordre de la protection, même excessive, mais du danger ?

- Eliette Abécassis : C'est au moment où la fille grandit, et qu'elle doit partir construire sa vie, et devenir femme; et la mère, comme les sorcières ou les belles-mères dans les contes de fée, ne veut pas laisser sortir sa fille de son antre, de son ventre, elle préfère la garder comme une souillon à la maison plutôt que de lui donner la robe qui va la rendre femme. Il y a là en même temps de l'amour et de la rivalité, de la haine et de la violence.

- David Reinharc : Il y a dans votre livre une scène de passation de pouvoirs, au café Flore, où la mère se retire de l'entreprise qu'elle a créée pour laisser la place à sa fille.
Dans le judaïsme, nous devons « respecter » nos parents, littéralement en hébreu, leur donner du « poids » (kabèd). Sonia Rykiel n'est -elle pas trop lourde à porter pour sa fille ?

- Eliette Abécassis : "Respecte ton père et ta mère", en effet littéralement, serait "lourds ton père et ta mère". Leurs poids est lourd. Il y a un moment où la relation s'inverse et c'est la fille qui s'occupe de la mère vieillissante. Pour la fille il n'est pas question de tuer la mère comme on tue le père, parce qu'il y a trop de culpabilité et d'identification. C'est l'enjeu de toute la vie de donner le bon poids à son père et à sa mère.

- David Reinharc : Nathalie dit qu'elle a passé sa vie a essayé d'être elle même, « sortir » de sa mère pour pouvoir exister. Sonia, une personnalité très forte, a-t-elle permis, selon vous, à sa fille d'échapper à la répétition mortifère de l'histoire parentale pour prendre sa place dans la généalogie, une place différente de celle de sa mère ?

-Eliette Abécassis : Sonia lui a transmis tout ce qu'elle pouvait, une histoire familiale en même temps que la créativité et l'empire qu'elle a construit, en partant de rien, et qui est aujourd'hui le seul groupe de mode familial indépendant. Mais il a fallu que Nathalie s'empare du pouvoir, en montrant qu'elle en était capable, puisque si la marque perdure aujourd'hui c'est grâce à elle.

- David Reinharc : Comment selon vous un enfant doit-il donner du poids, de la reconnaissance, de la gratitude à ses parents, les « remercier » pour se délivrer d'un amour qui se refermerait sinon sur lui ?

- Eliette Abécassis : Il doit sortir de l'amour fusionnel pour être lui-même, prendre de la distance pour les aimer librement, leur pardonner. Qu'on les aime trop ou qu'on les déteste, on est toujours prisonniers de ses parents. Leur donner du poids c'est leur donner le bon poids.

- David Reinharc : Vous montrez dans votre livre la rivalité entre le travail de création artistique et la maternité.
Peut-on dire que la production artistique ou la maternité servent aujourd'hui de refuge aux femmes pour exprimer leur féminité ?

- Eliette Abécassis : La littérature en effet, est pour moi en tous cas, une exploration de la féminité, c'est précisément ce que j'ai voulu faire dans ce livre. La maternité, c'est plus difficile, parce que la maternité va à l'encontre de l'image que l'on se fait de la féminité aujourd'hui où les femmes doivent être très minces et indépendantes. La relation entre maternité et féminité n'a jamais été aussi problématique.

- David Reinharc : Aujourd'hui, on est très fier d'avoir aboli toutes les hiérarchies traditionnelles pour ne parler que le langage du coeur.
Êtes-vous agacé par l'usage désormais constant de « maman » ( la « maman » de Kafka, etc.) faisant oublier aux « mamans » qu'elles sont aussi des mères ?

- Eliette Abécassis : Oui c'est un problème qui commence très tôt, et qui fait que nous avons des enfants tyrans qui ne respectent plus du tout leur parents mais qui leur dictent tout. Les parents sont très désemparés aujourd'hui face à l'éducation de leurs enfants, qui les dominent.

jeudi 14 janvier 2010
























Les libertaires du yiddishland

Judaïque FM, Lundi 18 janvier : Débat.

Le Lundi 18 janvier 2010 à 21h30, David Reinharc reçoit "Alternative libertaire" sur Judaïques FM ( 94.8 Mhz) dans l’émission « la revue des revues » :

Jean-Marc Izrine, écrivain et militant et Violaine Bertho, de la revue « Alternative libertaire ».

Thème : Les libertaires du yiddishland

Jean-Marc Izrine, auteur de « Les libertaires du yiddishland » (Editions Alternative libertaire / le coquelicot)

Et « Les libertaires dans l’affaire Dreyfus » (Editions Alternative libertaire / le coquelicot)

Violaine Bertho, membre d’ Alternative libertaire